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lundi 1 mars 2021

Avec Saint Joseph cette année qui lui est dédiée

 


Le mois de mars est traditionnellement dédié dans l’Eglise catholique à saint Joseph. Le pape François a accentué la considération pour saint Joseph en déclarant l’année 2021 année saint Joseph. Quel est le sens cet évènement ? qui est ce saint et quelle est sa place dans l’Eglise ? quel enseignement peut-on tirer pour bien vivre cette année ? autant de questions auxquelles nous tenterons d’apporter des éléments de réponses dans la suite de cet article.

Le bienheureux Pie IX dans son décret « Urbi et Orbi » quemadmodum Deus du 8 décembre 1870 proclamait saint Joseph Patron de l’Eglise universelle. C’est la concrétisation, l’officialisation d’un culte voué à l’époux de la Vierge Marie. On peut lire dans ce décret ce qui suit : « toujours, dans les heures critiques, elle [l’Eglise] a imploré son assistance. Or, dans les temps si tristes que nous traversons, quand l’Eglise elle-même poursuivie de tous côtés par ses ennemis, est accablée de si grandes calamités que les impies se persuadent déjà qu’il est enfin venu le temps où les portes de l’enfer prévaudront contre elle, les vénérables Pasteurs de l’Univers catholique, en leur nom et au nom des fidèles confiés à leur sollicitude, ont humblement prié le Souverain Pontife qu’il daignât déclarer saint Joseph Patron de l’Eglise catholique. »  Mais les fidèles n’ont pas attendu ce décret pour honorer saint Joseph car ils avaient une très haute estime de sa place dans l’Eglise. C’est chez les Carmes que commencent à apparaître au XVème siècle une messe et un office propres à saint Joseph.

150 ans après cette proclamation par le pape Pie IX, c’est la lettre apostolique Patris Corde qui remet au jour la place de saint Joseph. Le sens de cette lettre est de revenir d’une part sur la figure du père adoptif de l’enfant de Bethléem, et d’autre part de lancer un appel à le prendre comme modèle à imiter. En effet nous avons des éléments de biographie de ce saint chez les évangélistes saint Matthieu, saint Luc. On retient de lui qu’il est de la descendance du roi David (Cf. Lc 2,4). Il était un charpentier à en croire Mt 13, 55a. il était sans doute calme, peu bavard. A cela nous ajoutons grâce aux Saintes Ecritures qu’il était un homme responsable. En vérité, il accepte d’assumer la paternité légale de Jésus (Cf. Mt 1, 18-25). De plus, il fait échapper le Messie des mains du sanguinaire Hérode par la fuite en Egypte (Cf. Mt 2, 13-15). C’est aussi lui qui, avec Marie présente Jésus au Temple afin de le consacrer à Dieu son Père (Cf Lc 2, 22-24). Ainsi peut-on dire de saint Joseph qu’il a vécu son existence terrestre en homme vertueux. Et c’est à juste titre que la lettre apostolique Patris Corde vise à le donner en modèle. En effet, dans un monde où les techniques de l’information permettent de partager instantanément des nouvelles vraies ou fausses, la retenue de ce saint pourrait nous inspirer. Nous pouvons imiter son silence, son recueillement au lieu de nous exposer sur la place publique, canal creux de diffusion d’informations sans discernement. Aussi peut-il nous inciter à avoir un vrai respect pour l’autre dans sa dignité. Alors qu’il était dans son droit de dénoncer publiquement son épouse et de la faire lapider (Cf Dt 22, 20-21) il restait convaincu que quelque soit ce qui avait été fait on gardait sa dignité.

La place de saint Joseph dans l’Eglise est de protéger cette Eglise. En tant que protecteur de la Sainte Famille, tâche qu’il a bien assumée, il est de fait protecteur du l’Eglise qui n’est rien d’autre que le Corps mystique de son fils. Tout comme il veilla sur Jésus en le sauvant de la main d’Hérode, de ceux qui en voulaient à sa vie, de même il veille sur l’Eglise en ne permettant pas que les forces du mal triomphent de l’œuvre de celui qu’il a chérit, Jésus. C’est en ce sens que le pape François affirme : « nous pouvons tous trouver en saint Joseph l’homme de la présence quotidienne, discrète et cachée, un intercesseur, un soutien et un guide dans les moments de difficultés. »[1] Saint Joseph raffermit nos pas chancelants et nous rassure par sa présence bienveillante. Il est auprès de Dieu et intercède pour l’Eglise universelle. Le pape Léon XIII dans son encyclique quamquam pluries du 15 août 1889 proposait saint Joseph en modèle à : « tous les chrétiens, de quelque condition qu’ils soient et à quelque état qu’ils appartiennent » « En Joseph les pères de famille ont le plus sublime modèle de la vigilance paternelle et de la providence ; les époux un parfait exemple d’amour, de concorde et de fidélité conjugales ; les vierges un exemple et un guide de l’intégrité virginale.[…] Les prolétaires, les ouvriers et tous ceux qui sont moins fortunés doivent recourir à saint Joseph et apprendre de lui ce qu’ils doivent imiter. Lui, bien de race royale, uni dans le mariage à la plus sainte et la plus excellente d’entre les femmes et père putatif du Fils de Dieu, a néanmoins passé sa vie dans le travail et par son labeur et son art il a procuré le nécessaire à la subsistance des siens ».

Reprenons pour finir cette prière composée à l’honneur de saint Joseph : 

« Salut, gardien du Rédempteur, époux de la Vierge Marie.

A toi Dieu a confié son Fils ; en toi Marie a remis sa confiance ; avec toi le Christ est devenu homme.

O bienheureux Joseph, montre-toi aussi un père pour nous, et conduis-nous sur le chemin de la vie.

Obtiens-nous grâce, miséricorde et courage, et défends-nous de tout mal. Amen. »[2]

 

 

SEDEGO Daniel Toussaint

Philo III



[1] Lettre apostolique du pape François, donnée à Rome, Saint-Jean-de-Latran, le 8 décembre, Solennité de l’Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, de l’année 2020

[2] Ibid.

dimanche 21 février 2021

Le carême chez les hommes et les femmes de ce temps

 


                            Avec la lecture des traces de notre passé chrétien, il est important de nous rappeler les caractéristiques du carême dans l’Église au mieux de le situer dans le cadre de notre monde marqué aujourd'hui par l’athéisme scientifique, l’âpreté au gain, l’influence technologique et le désir de conjuration de l'église de l’espace public. L’Église est consciente de la baisse de la conscience eschatologique et la baisse continuelle de renonciation à tout ce qui peut entraver la recherche de Dieu. Le carême juif comme plus tard le carême chrétien consiste en une préparation intense. Le carême chrétien vise la conversion du croyant à travers des actes capables de l’élever au seuil d'une union avec le Christ. Bref qu’est-ce que le carême pour nous ? que représente le carême pour nous chrétiens ?

 Le carême 2021 vient comme un appel silencieux adressé à toute l'église pour nous rappeler qu'il n'y a pas de bonheur qu'en Dieu seul. Loin des problématiques quotidiennes de survie qui hantent nos esprits tous les jours, nous chrétiens devront malgré tout garder un attachement indéfectible à notre foi. Le carême travaille les âmes chrétiennes pour en faire des saints et des offrandes agréables à présenter au Seigneur. Durant ce carême le chrétien ou la chrétienne doit davantage inspirer l'amour dans son milieu de vie mais aussi accentuer le service du frère, chose qui nous plonge même dans le service de Dieu. La discipline évangélique est un ferment au cœur du monde entier. Le chrétien durant ce carême doit mettre en vigueur le vécu de la charité chrétienne à travers des actions fortes comme l’aumône, l’attention aux autres, la visite des malades, les démunis etc. (Mt6,34. Mt19,21). Le chrétien doit vivre le désert c’est-à-dire savoir se retirer pour trouver du temps pour Dieu, le prier intensément. Le carême doit être un temps de résolutions, d’amélioration de notre relation non seulement avec Dieu mais aussi avec nos frères et sœurs.  Tout chrétien doit se donner le devoir saint de prier pour la paix, prier pour que le seigneur éloigne notre monde des maladies.

Oraison : Seigneur nous sommes des aveugles vient ouvrir nos yeux, Seigneur nous sommes sourds vient ouvrir nos oreilles, nos cœurs pour que nous ressuscitons avec le Christ quand le moment sera Venu. Bon carême à toutes et à tous. Rendez-vous au désert.

 

NAMA Gautier

Philo II

samedi 9 janvier 2021

De l’espérance d’un Messie sauveur à l’expérience de la souffrance quotidienne

 


 

« Aimer, c’est avoir le cœur qui chante, le regard qui sourit et quelques souvenirs qui pleurent. »[1]

Noël un Messie rédempteur attendu. Mais la souffrance quotidienne en ce mois de janvier 2021 commence déjà à se faire sentir comme si rien n’avait changé. Les pauvres croupissent toujours. Les grandes artères de la ville ne désemplissent pas de tous ces gens réduits à la mendicité pour avoir leur pain quotidien.

2020 s’en va avec son cortège de peines, mais avec son lot de joies aussi.

2021 nous promet de bons moments, de purs bonheurs, toutefois il ne faut pas oublier que les soucis et les tracas sont le quotidien des hommes et des femmes.

Nous visons sûrement en cette nouvelle année de grandes choses, mais comme le disent les Latins : aux chemins augustes par des sentiers étroits.

Le présent thème que nous voudrions développer se veut être des conseils pratiques pour bien vivre cette année qui nous est donnée. Quand le corps est malade, le spirituel en pâtit aussi. Le lien intrinsèque qui lie le corps à l’esprit, commande que des pistes de solutions soient trouvées pour maintenir l’un et l’autre en bonne santé. C’est ce qui justifie qu’un tel thème soit développé dans la rubrique spiritualité.

            Commençons cette série de conseil par le conseil suivant. Avant d’entamer et d’entreprendre quoi que ce soit, il faut jeter un regard dans le rétroviseur. Qu’a été l’année 2020 pour moi tant sur le plan humain, spirituel, intellectuel… ? Qu’ai-je fait de l’année écoulée ? L’examen de cette question permet de mieux aborder la nouvelle année. Le passé est comme un trampoline sur lequel nous nous appuyons pour mieux sauter.

            Ensuite, en ce début d’année il nous faut prendre des résolutions. Elles ne sont pas des points déjà acquis, mais l’horizon vers lequel nous voulons tendre. Les résolutions ne doivent pas être prises parce qu’elles sont simples à atteindre. Au contraire les difficultés que nous entrevoyons, les peurs qu’il y’a à pencher pour telle ou telle résolution devraient nous donner le courage de les prendre. La seule joie du pardon reçu, du pardon donné, le bonheur de se réconcilier avec Dieu doivent avoir raison de la difficulté de se faire petit devant la sœur ou le frère, de s’humilier devant Dieu. Il convient de souligner qu’il n’ait pas besoin de s’encombrer d’une multitude de résolutions. Il sied de s’en tenir à l’essentiel sur lequel nous allons concentrer notre force pour bien le réussir. De ce qui précède une seule résolution peut être prise pour toute cette année 2021.

 « Aimer, c’est savoir que personne n’est parfait, que chacun porte sa croix et quelle n’est pas forcément plus légère que la vôtre. »[2]

            En outre, il nous faut apprendre à formuler nos résolutions. Comme le conseillent des psychologues, au lieu de formuler des résolutions à des formes qui interdisent, inhibent, il est conseillé de les formuler à des formes positives qui permettent, poussent vers l’avant. Ainsi au lieu de dire : « en 2021 je ne vais pas haïr mon prochain » il vaudrait mieux se dire : « je vais aimer mon prochain ».

            En sus, il faut s’autoévaluer, et demander le secours de l’autre pour nous évaluer. Une résolution sert en principe à atteindre un but, et, dans notre cadre à nous améliorer. Et c’est en acceptant de trouver un temps pour nous évaluer que nous pouvons savoir si nous reculons ou avançons. Saint Ignace recommandait de s’autoévaluer à chaque heure de la journée. Mais notre monde d’aujourd’hui qui a mal à se taire et à s’écouter fréquemment pourrait à tout le moins avant de se coucher pour le sommeil de la nuit faire son examen de conscience. Nous avions décidé par exemple d’aimer nos collègues. Avant de nous jeter dans les bras de Morphée nous pouvons nous demander si nous avons pu aimer nos collègues. Quels actes concrets témoignent de mon amour pour mes collègues ?

            Un autre conseil est de ne jamais nous décourager. Il peut arriver qu’au long des 12 mois l’envie nous prenne de jeter l’éponge et de retourner à nos vieilles habitudes. Mais convainquons-nous que le Christ nous devance sur nos champs de bataille pour notre sanctification. Dieu a déjà rempli sa part, à nous de faire la nôtre aussi.

            Pour finir cette série de conseils –qui n’est pas exhaustive-  il faut qu’au cœur de toute résolution se lise en filigrane l’amour de Dieu et celui des hommes. Comme nous l’a prévenu Saint Paul dans sa première lettre aux Corinthiens sans l’amour nous ne sommes rien. « si je n’ai pas la charité je ne suis rien » 1Co 13, 2d. Alors engageons pour l’amour. En ce mois dédié à la Bible, en nous approchant davantage de la Bible nous découvrirons que le sens d’une vie se résume au commandement d’amour.

            Puisse Dieu qui nous a aimé jusqu’à nous donner son Fils et accepter qu’il meure pour des gens comme nous, puisse ce Dieu qui a voulu faire demeurer son Verbe parmi nous, puisse-t-il nous donner une Sainte et heureuse année 2021. Qu’Il couronne tous nos efforts et nous fasse grandir au niveau spirituel, humain, intellectuel, etc.

VIVE DIEU QUI NOUS AIME A JAMAIS AMEN !!!!!!!

« Aimer, c’est parfois éliminer les « pensées de moustiques » sinon [elles] envahissent votre intérieur et votre extérieur. »[3]

 

 


 

 

SEDGO Daniel Toussaint

3ème année de philosophie

Archidiocèse de Ouagadougou

Paroisse Notre Dame de Fatima de Dassasgho

 



[1]  François Gagol, Les 100 plus belles faons d’Aimer, 2003, p. 8

[2]  François Gagol, Les 100 plus belles faons d’Aimer, 2003, p. 10

[3] François Gagol, Les 100 plus belles faons d’Aimer, 2003, p. 49